Mot du Directeur Général

dg angmv colonel papa gueyeLa Grande Muraille Verte (GMV) est conçue pour se situer à des latitudes où la pluviométrie moyenne annuelle est comprise entre 100 et 400 mm. Le tracé a été obtenu en utilisant une base de données contenant les limites phytogéographiques disponibles permettant de bien localiser le zonage climatique ; de même, une carte de l’occupation du sol identifiant les limites des grandes formations végétales et les limites des pays dans la sous-région sahélienne a permis de mieux préciser le tracé.

En définitive, compte tenu de la configuration et des caractéristiques écologiques par endroit de, la longueur de la Grande Muraille Verte à l’intérieur du Sénégal est de 545 km depuis la côte Ouest (commune de Léona dans la région de Louga) en passant par les régions de  Matam, et Tambacounda jusqu’à la frontière avec la République du Mali à l’Est (commune de Bélé).

Sur le plan de l’occupation humaine, la zone d’emprise correspond à un milieu  dominée par l’activité pastorale avec un élevage extensif et une faible activité agricole. C’est aussi le principal lieu de production de la gomme arabique, un des produits d’exportation du Sénégal qui apporte une contribution significative à l’économie nationale (le Sénégal a été pendant longtemps le deuxième pays producteur mondial après le Soudan).

En définitive, l’édification de la GMV va toucher près de 20 Communes situées dans l’emprise du tracé, pour une population d’environ 500.000 habitants dont 52% de femmes.

La GMV fait la promotion des bonnes pratiques en matière de Gestion durable des terres, à savoir: i) maintenir la productivité à long terme et les fonctions de l’écosystème (sols, eau, biodiversité); ii) accroître la productivité (qualité, quantité et diversité) des biens et services (notamment nourriture saine et sans risque). Pour plus de rationalité, d’efficience et d’efficacité dans la lutte contre ce phénomène, il est crucial de disposer d’un Cadre national d’Investissement stratégique en Gestion durable des Terres (CNIS/GDT) tel que préconisé par la plateforme Terrafrica. 

En fin 2015, sur les 545 km, le Sénégal a réalisé 175 km d’édification de la GMV. Les superficies ainsi converties en plantations et mises en défens sont de l’ordre de 50.000 ha. Chaque année une moyenne de 500 km de pare feu sont ouverts et/ou entretenus sur le tracé, en vue de préserver les ressources naturelles et les habitations.

De 2010 à 2015, les recettes générées par les productions maraîchères, fruitières et agricoles, au niveau des jardins polyvalents, sont estimées à 15 millions de FCFA en dehors de l’autoconsommation.

La collecte de paille, par les populations, à partir des banques fourragères est évaluée à 9 millions de FCFA.

Mais les résultats bien que satisfaisants doivent être renforcés pour permettre au Sénégal de maintenir sa place de pays leader dans la mise en œuvre de ce projet continental qu’est la GMV. C’est là tout le fondement de ce plan de développement stratégique, qui permet dans un horizon de 5 ans de voir clair sur les objectifs à poursuivre et les moyens nécessaires à leur réalisation. Ces moyens constituent une contribution significative dans le Cadre national d’Investissement stratégique en Gestion durable des Terres (CNIS/GDT) qui a pour objectif d’instaurer une plus grande rationalité, efficience et efficacité dans la lutte contre ce phénomène de dégradation des terres.