Présentation de l'ANGMV

lagenceAu Sénégal où la survie des écosystèmes du Pays est de plus en plus menacée, la Gestion de Ressources Naturelles  est au centre de la problématique de développement durable. Cette situation s’explique par les effets conjugués de plusieurs facteurs :

-  les aléas climatiques liés aux cycles de sécheresse avec un impact négatif sur le couvert végétal et les ressources en eau ;

 -  la croissance démographique avec pour corollaire la pression foncière, la surexploitation des terres ;

-  les migrations humaines et la transhumance qui restent incontrôlées entrainant  la destruction des ressources du milieu;

-       les méthodes inappropriées d’exploitation et de gestion des terres et des autres ressources.

 Les perspectives de développement économique et social devront tenir compte du lourd handicap que constitue la péjoration du potentiel biologique des écosystèmes, mais aussi des possibilités que peut offrir la valorisation rationnelle des potentialités naturelles dont dispose le pays.

Dans ce cadre, des efforts ont été consentis aux plans technique, financier et institutionnel pour infléchir ces tendances ; ils ont porté sur la mise en œuvre de projets de développement, notamment, des aménagements hydro-agricoles, la maîtrise de l’eau et la création de structures nationales et sous- régionales de coordination.  


De plus en plus, l’approche développée dans les pays du Sahel tente de prendre en compte la diversification agricole, des actions de lutte contre la désertification et la dégradation des sols cultivables, le développement des cultures  et l'amélioration des conditions de vie et des revenus des paysans.

 Malgré les efforts consentis çà et là pour concevoir des politiques agricoles, forestières et pastorales cohérentes et efficaces, et quelques réussites ponctuelles, force est de reconnaître que les résultats, en termes d’efficacité des stratégies et politiques demeurent en deçà des attentes.

 Toute une série de facteurs ont contribué à l’adoption de pratiques non pérennes de gestion des terres dans les zones arides limitrophes du Sahara, y compris  le surpâturage des parcours ; un système de cultures permanentes, avec une réduction des jachères et des rotations, des labours à répétition et l’épuisement des sols par la perte de nutriments, les feux de brousse, la surexploitation des zones boisées.

 L’impact de ces pratiques inclut l’appauvrissement des ressources naturelles, des changements dans les habitats naturels et les écosystèmes, des pertes d’agro biodiversité et de biodiversité de la faune et de la flore sauvages, la dégradation des fonctions des écosystèmes, une diminution de la productivité (des terres arables et des parcours) entraînant des récoltes médiocres et des pénuries alimentaires, tout cela débouchant sur des conditions de vie assez rudes et la vulnérabilité.

 En effet, sur le plan socio-économique, la chute des productions agricoles a réduit de façon drastique les revenus des populations, ce qui, conjugué au manque de sources alternatives durables, d’infrastructures de base, économiques et sociales, explique en partie la persistance de la pauvreté en milieu rural.

 Le changement climatique exacerbe déjà cette situation, avec une météorologie plus variable (sécheresses et orages) et devrait encore multiplier le nombre de défis à relever dans les prochaines décennies en raison de l’élévation des températures et de la modification des patrons habituels de précipitations (Washington, 2008). Selon le rapport 2008 du Fonds des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), « les efforts de conservation des forêts dans les pays du Sahel sont très faibles par rapport au processus de déforestation. Environ deux millions d’hectares de forêts dans la bande sahélienne sont perdus annuellement ». C’est ce contexte, marqué par le confinement des populations dans des villes situées le long des cours d’eau et des côtes, qui a inspiré la proposition initiale de mise en place d’une barrière verte, de protection contre l’avancée du Sahara, dénommée « Grande Muraille Verte ou Great Green Wall ».